La terre de la bombe

NOUVEAUTE   

Parution, en fin de texte,  sous la forme d’un feuilleton mensuel du

Tome 6 inédit de : LA TERRE DE LA BOMBE,

B.D. non éditée mais entièrement réalisée en 1990 par:

(RAMAIOLI, DURAND, MATHIEU)

N’étant jamais si mieux servis que par soi-même, Georges Ramaïoli, ayant pris les rênes de son nouveau site/blog avec une autre équipe, me donne l’occasion aujourd’hui de raconter cette aventure qu’il m’a un jour proposée; à savoir la réalisation commune du tome 6 de « La Terre de la bombe ». Soit 45 planches entièrement dessinées mais jamais parues.

Je dirais en préambule que c’est grâce à lui que j’ai véritablement pu m’initier à « l’univers très technique » de la BD, vers les années 1990. Il était alors en pleine ascension de cet art bien plus difficile qu’il n’y parait malgré les apparences.

Un peu d’Histoire:

Ma rencontre avec G.R.

Contre toute attente, j’avais croisé Georges Ramaïoli sur le lieu de mon travail – au Ministère des Ponts et chaussées – où nous besognons, lui en tant qu’ingénieur technicien, et moi comme dessinateur, mais dans des services différents. Il avait déjà dédicacé et offert deux de ses premiers albums à notre bibliothèque d’entreprise où je me rendais parfois, et un jour j’ai vu; Il s’agissait je crois de « l’Indien Français T1″ et de « La Terre de la bombe« . J’ai tout de suite accroché, grâce à l’originalité des scénarii de René Durand et  l’efficacité du trait souvent violent de G.R. Ces deux albums sautaient vraiment à la gueule, et dépoussiéraient d’un revers de tomahawk la bonne vieille B.D. d’aventure pourtant au combien chérie.

Hélas pour moi, Georges quitta rapidement l’administration pour vivre de sa passion, sans que j’ai eu le temps de le rencontrer. Par la suite, je me suis rendu à toutes ses dédicaces sur la région. Fan de B.D. j’achetais beaucoup, et aussi tout ce qui sortait de lui. Je suivais les parutions sur Circus et chez Glénat d’abord; j’essayais de tout avoir: La Terre, l’Indien, Ouest Terne, Mado et Maildur etc. Les B.D. d’autres auteurs aussi, notamment : Giraud/Moebius (le premier qui a vraiment repéré Georges – et il avait l’œil le grand Gir).

J’avais dessiné des petites histoires, en autodidacte, avec un ou deux amis et je m’étais un peu amélioré, mais je ne montrais pas mes « œuvres », car je restais assez objectif sur mon « travail ». Georges avait, entre temps, coiffé son autre casquette de scénariste prolifique et travaillait avec des tas de dessinateurs à qui, à son tour, il donnait leur chance. Un jour je lui ai tendu quelque chose que j’avais dessiné. Ça s’est passé à « La Planète livre » à Nice, un antre spécialisé B.D. qui n’existe plus, mais où quantité d’auteurs sont venus dédicacer. Il a regardé brièvement. Il faut dire qu’il me voyait régulièrement tourner comme un satellite indécis dans cette boutique où je me ravitaillais beaucoup. Il discutait ce jour là avec le gérant, Fabrice.

– Tu saurais dessiner comme moi ? M’a- t-il lancé sur un ton laconique.

Bing! Bang! Schlaf! Outch! et autres onomatopées de circonstance, pour le réveil du rêveur que j’avais toujours été, car assez bluffant tout de même lorsque tu ne t’y attends pas. Mais j’avais pris un peu d’assurance depuis le temps qu’il me dédicaçait, et tout est parti de là.

Le test.

Il m’a demandé de refaire une des planches de la T.B. n’importe laquelle, en fait. Il fallait dessiner en grand format, à peu près le double du format d’édition, sans décalquer évidemment, au crayon et encrage final. Je suis revenu avec la planche pas mal de jours après, j’avais choisi une page difficile de « La Terre de la Bombe », la page… du tome…, que de l’action avec chevaux, animaux etc.

Il m’avait dit: « Prend ton temps et applique toi surtout ». Il a prit ma planche en rhodoïd transparent, car j’avais encré mes crayonnés par dessus pour éviter de les saccager trop dans le cas où ma main tremblerait. Et, au pinceau fin, elle tremblait. Il l’a regardé rapidement… suspens: « T’as rien décalqué » ? J’ai répondu la vérité: « Ben non »!

– « Ça va, je vais voir si on peut faire un truc avec Soleil Edition, je te rappellerais ». Georges a toujours été comme ça, sobre en paroles mais direct, de l’objectivité et une analyse rapide souvent juste. Il avait auparavant porté une autre casquette de critique de film dans les pages du mensuel Circus.

« La Terre de la bombe » était arrêtée au tome 5 depuis pas mal d’années, chez l’éditeur Glénat. Mais quelque temps plus tard Georges me rappela: « Il faudrait que tu dessines entièrement une nouvelle planche originale sur la Terre de la Bombe, un récit court d’une page, tu inventes une histoire, tu te débrouilles comme tu veux. Tu encreras après mes corrections et on la montrera comme planche test à Soleil, pour une suite: un tome 6 de la série. Durand le scénariste est d’accord et l’éditeur compte réimprimer les cinq premiers tomes dans la foulée pour relancer la série ».

(Ici, un crayonné de la planche d’essai originale de la Terre de la Bombe)

Déjà très féru de science-fiction, c’était justement une série Ramaïoli/Durand dont je déplorais l’arrêt. J’ai pondu le truc en prenant encore mon temps sur ses conseils. Georges a corrigé quelques petits détails, mais il semblait satisfait. Soleil a donné son accord ainsi que le top départ. René Durand le scénariste est venu à Nice. Il avait également publié des nouvelles et romans de S.F. – toutes mes passions réunies. Il a été très sympa avec moi, et on allait être trois au générique: Durand, Ramaïoli, Mathieu. J’étais sur un très grand nuage. Les deux créateurs plus un petit dernier monté en croupe –  et un rêve d’enfant qui se réaliserait peut-être enfin.

(Ci-dessous la page originale de test , encrée et définitive, acceptée par Soleil)

Au boulot.

C’était parti, Georges recevait le scénario écrit de René et me crobardait ensuite sur une feuille A4 le découpage de chaque page.

Sur ses conseils, je n’avais pas quitté mon boulot diurne dans l’administration, histoire de garder un salaire presque – humain et fixe. Mais, moi qui avais toujours pris mon temps, je me retrouvais tout d’un coup à la peine. Je dessinais le soir, une partie de la nuit, et souvent le matin, ne parlons même pas de mes W.E. Lui, corrigeait mes crayons en bleu et moi je redessinais, parfois plusieurs fois, le même dessin. Il était exigeant mais toujours juste. Je connaissais les règles et les avais acceptées. Pas d’internet en ce temps alors j’allais chez lui régulièrement. J’ai finalement réussi à crayonner les 45 planches demandées par Soleil. Le passage à l’encre s’avéra plus problématique pour moi. Il faut savoir que cette phase délicate peut ficher en l’air des planches crayon très rapidement. Georges m’a aidé à finir l’encrage.

Une année passa et l’album complet fut dans les starting-blocks. Une nouvelle fois il me fut demandé un essai, mais pour la couleur à présent. Rappelons qu’en  ce temps, l’assistance de l’informatique n’étant pas encore de mise, le pinceau, la gouache et l’aquarelle ou autres encres Colorex restaient le lot quotidien des coloristes de B.D. Mais des spécialistes officiaient dans ce domaine auprès des éditeurs. Un album dessiné était payé à la planche, plus un pourcentage déjà dérisoire sur les chiffres de vente, et il fallait déjà aussi ( sur les conseils de Georges ) anticiper et se battre pour les dérivés possibles, au cas où… Les couleurs se monnayaient également à la page, mais en sus du dessin, et à un tarif inférieur car cette étape demande souvent moins de temps. Je reçu bientôt le matériel officiel. À l’époque on passait nos gouaches sur les dessins imprimés en bleu pâle sur un cartonné épais au petit format de l’édition finale. Puis on appliquait sur le tout un film transparent avec les traits du dessin imprimé en noir, pour vérifier si ces contours délimitaient parfaitement nos couleurs. Je n’avais pas trop mal réussi mes teintes des deux premières pages, et Georges aima mon boulot. Il les montra à Soleil qui les refusa net.

L’album pourtant entièrement dessiné/encré et livré fut laborieusement payé, au lance pierre. Dans la foulée, Soleil n’imprima pas notre album, et renonça à rééditer les 5 premiers tomes, et la boucle fut débouclée. La Terre de la Bombe c’était fini – « pertes et profits » pour tout le monde et fin de mon expérience en B.D. pour ce qui concernait la S.F.

MATHIEU G.P.

***

DEBUT DU FEUILLETON DU TOME 6 DE « LA TERRE DE LA BOMBE

à  suivre très bientôt…

Aujourd’hui, 6 nouvelles planches.

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Aujourd’hui, 6 nouvelles planches.

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Aujourd’hui, la totalité des planches restantes.