Hommage à Jean Giraud

JEAN GIRAUD – 1ème partie

Dans les années 70, alors que le jeune Georges Ramaïoli tente de faire de la bande dessinée son métier, une rencontre providentielle avec Jean Giraud va lui permettre de faire ses réels débuts en tant qu’auteur professionnel.

Un an après la disparition du créateur de Blueberry, Georges Ramaïoli nous raconte cette rencontre inoubliable :

« Été 1972…
Après quelques expériences plutôt décevantes…Presse régionale,  publicitaire, fanzines et Tahiti, je n’envisageais plus guère de faire  de la BD encore moins d’en faire une carrière et me résignais à me morfondre à  faire l’ingénieur !!!!

Quand je vois un article dans « Nice Matin »…Deux dessinateurs de BD DRUILLET et GIRAUD dédicaceront à NICE Samedi… Aujourd’hui, ça semblerait d’une banalité…En 1972, c’étaient les premières dédicaces BD…Quelques très rares auteurs invités au festival du Livre de Nice et encore qui, la plupart du temps ne dessinaient pas, signaient seulement… Jean GIRAUD à NICE !!! Quel choc pour moi admirateur inconditionnel de JIJE qui avais vu apparaître à ses côtés un jeune GIRAUD puis naître BLUEBERRY dans PILOTE…Moi qui faisais le mur de la caserne tous les mercredis pour lire (sans avoir le moindre sou pour l’acheter) PILOTE au tabac du bled où j’étais cantonné, la suite de « GÉNÉRAL TÊTE JAUNE ».

Donc le phare absolu de la BD western venait à NICE…
Oser lui montrer mes dessins ??? J’ai hésité 1H sur le trottoir de la rue DALPOZZO devant la librairie « La ROBOTHEQUE » tenue par MICHEL GAUDO qui depuis est devenu un ami et plus un voisin immédiat dans mon village désormais…Il y avait une file assez conséquente devant DRUILLET et même mon ex prof de dessin du lycée (j’ai pensé quel crétin, devant Druillet !!) et DRUILLET qui n’avait pas encore le melon à cette époque n’arrêtais pas de dire « Mais le BON, ce n’est pas moi. C’est  LUI, à côté !!! »…En effet Jean n’avait pas foule..2 ou 3 personnes…
Après tant d’atermoiements, j’ai demandé à Michel si je pouvais  montrer mon carton à GIR… »Oui !! mais ne prends pas le temps des  clients » Jean a été très gentil… »Ouais. Il y a quelque chose…Mais là, je n’ai pas grand temps pour bien détailler. Viens demain à la villa où nous sommes en vacances, et on en parlera mieux ». Et il me donne leur adresse à SAINT- JEAN CAP FERRAT…

Le rêve….

Le lendemain ayant rajouté d’autres merdouilles dans mon carton à dessin, je me suis pointé à St Jean…Un gamin rachitique m’a ouvert… « Ah ! c’est toi le petit nouveau !!! » C’était DIONNET, je ne savais absolument pas qui il pouvait être… »Je viens voir GIRAUD ». Il y avait là DRUILLET et son épouse, GOT et la sienne je crois et au plus bas Jean qui travaillait…DRUILLET me dit aussi  » Ah c’est toi, montre !!! ». Tu t’inspires de BURNE HOGARTH comme moi ? ».

« Euh. Pas vraiment…Peut-être un peu pour les anatomies ? » Je ne voyais pas non plus l’apport de HOGARTH chez lui. » Viens voir mes trucs !! » Et il me montre des planches géantes de DELIRIUS, je pense. Spectaculaire mais…. C’était gentil comme démarche. Et moi comme un butor, balourd, qui n’aimait pas trop ce qu’il faisait je lui dis « Ouais ! Bof ! Mais je viens voir GIR !!! »…
Finalement je descends voir Jean. Et j’ai passé une grande partie de l’après-midi avec lui. Lui montrant mes merdouilles, écoutant ses critiques et conseils. Lui racontant mon parcours chaotique, mes  admirations, parlant western, Ciné, BD, histoire, métier etc..

Il dessinait alors ANGEL FACE.. Impressionnant ! et il y avait sur la table quelques numéros récents de PILOTE…Avec la totale inconscience d’un gamin. Je me mets à lui critiquer des dessins…Un type à terre avec des jambes ultra-courtes sur un premier plan… Je lui dis « Si tu le mets debout, c’est un nain !!! »..Il ne s’est pas fâché et  gentiment réponds « Hé ! mais tu as l’œil » et je luis sors qu’après  quelques belles pages (c’était « BALADE POUR UN CERCUEIL ») les couleurs de  PILOTE devenaient hideuses et que ça nuisait à son dessin..
Là encore il a abondé dans mon sens. Ne sachant trop qui les avait  colorié chez Dargaud
.Quand je pense à la laideur de ce que je faisais à l’époque. Comment  pouvais-je oser mettre mon grain de sel…Mais j’ai eu une belle surprise en achetant l’album  sorti l’année suivante de « BALADE… » Jean avait rallongé les jambes du cadavre et refait une partie des couleurs de l’album…Peut-être mon involontaire et unique participation à la saga Bluebérienne.

Jean m’a donc donné tous les conseils possibles sur le matériel à  utiliser, sur les traits de cerné moins gondolants que ce que je faisais sur les chevaux « Ne les prends pas chez les dessinateurs italiens,  trop fantaisistes, ni chez moi, ils ne sont pas bons (tu parles !) prends-les chez JIJE, c’est le meilleur de tous ! »…Puis il me dit  qu’avec DIONNET et DRUILLET ils envisageaient de créer un magazine BD (le pré MÉTAL HURLANT) chez FERNAND NATHAN nommé « SNARK »…Il me  dit…J’ai une idée de western… Je te la raconte, si tu arrives à bien la dessiner on te la publiera !!!!…Le rêve se poursuivait. Il  me raconte son histoire de DUEL que j’ai baptisé plus tard « DUEL à  CHARITY ».
Je lui demande si je peux mettre WYATT EARP en place de son shérif. En lui parlant de mon envie de traiter un jour de L’OK Corral… Accord mais me dit son désintérêt pour l’historique saga des Earp. Il  paraît qu’il a changé d’avis plus tard après avoir vu « TOMBSTONE » avec Kurt RUSSELL…

Donc je rentre la tête dans les nuages et m’attelle au projet… En  contact téléphonique avec Jean remonté à FONTENAY sous BOIS..
Je dessine 5 pages de 4 bandes plutôt touffues et maladroites. Et les lui envoie… »

Ci-dessous, les 5 pages de la première version de DUEL A CHARITY.

Le scan des pages (sur papier calque) ne rend pas forcément hommage aux originaux, mais j’espère que l’ensemble reste lisible :

JEAN GIRAUD – 2ème partie

« Il me réponds qu’il y a des tas de bonnes choses mais que s’est trop serré. Et il m’envoie 10 pages de ruffs crayonnés, reprenant pas mal de mes éléments. Il me dit regretter de n’avoir pu utiliser certains dessins comme le reflet dans la vitrine du croque-morts… »

Voici les roughs par Jean Giraud:

JEAN GIRAUD – 3ème partie

Le temps que je redessine tout et encre…J’apprends par Jean et Dionnet que le projet « SNARK » capote… Mais Fernand Nathan nous indemnise quand même à moitié des sommes prévues… Je reste donc avec mon histoire finie dont JEAN me dit « signe scénario MOEBIUS » !!!

Qu’en faire ? Jean me dit : « Je te la donne. Essaye de la placer où tu peux! » J’économise pour monter à Paris…aller le voir chez lui… Deuxième aprèm avec lui, à le voir bosser. A Fontenay. Il avait des caisses pleines de photos de westerns, d’originaux, même beaucoup de planches du premier « COMANCHE » d’HERMANN… »Il me dit  » Regarde Hermann, il est meilleur que moi (tu reparles !!!) son trait est plus beau, plus fin) Sers-toi ! prends des originaux, si tu veux » et moi couillon. » Oh non ! Je n’oserai jamais… » Avec mes pages de « DUEL à CHARITY » j’ai d’abord vu Dionnet, qui assez cyclothymique, était plutôt en phase de déprime avant sa phase d’excitation de création de METAL. Puis j’ai pris RDV avec les rédactions parisiennes. La première que j’aie vue « CHARLIE » WOLINSKI qui m’a pris tout de suite l’histoire « Par pour ton dessin, mais parce qu’elle est signée MOEBIUS !!! (Un côté un peu méprisant pour le western, mais il m’en a commandé un autre plus tard pour CHARLIE.). Je lui ai dit d’accord, que je lui réservais, mais que je voudrais bien le montrer ailleurs aussi. » OK, mais n’oublie pas de le ramener ».

En fait ça intéressait tout le monde… Chez Dargaud, chez Vaillant… A cause de MOEBIUS bien sûr…Mais chose promise, « DUEL à CHARITY » est paru au SQUARE

Les planches de DUEL A CHARITY, telles qu’elles sont parues dans Charlie :

JEAN GIRAUD 4ème et dernière partie

Puis originaux perdus, volés au Square, redessinés pour GLENAT. Mis en couleurs, ça a été le départ de ma « carrière » le coup de pouce providentiel… Un merci éternel à Jean..

J’ai demandé à Jean pourquoi il faisait ça pour moi. Il m’a répondu qu’il y avait « quelque chose » dans mon dessin et même si je m’appuyais sur JIJE ou lui, ce quelque chose ressortirait toujours et serait ma marque de fabrique. Et puis, qu’un jour je ferai certainement de même pour d’autres jeunes et ainsi la chaîne continuerait !! C’était une époque bénie ou solidarité et entraide voulaient dire  quelque chose… Les anciens aidaient les débutants et où on se signalait des possibilités de boulot. Maintenant on donnerait plus facilement  des coups de couteau dans le dos ou essayer les pires vacheries pour obtenir le travail à la place de son collègue devenu rival jalousé,  méprisé ou détesté…
Grâce à Jean, je suis rentré dans ce métier dont j’avais rêvé. Il m’avait dit aussi « Si ce n’avait pas été moi, un autre t’aurait aidé! »

Mais s’il est vrai que j’ai été particulièrement bien accueilli comme un des leurs par de très grands anciens, qui plus ils étaient célèbres et talentueux plus ils étaient gentils et modestes, ça a été Jean le phare et le modèle…

Après je l’ai revu, bien sûr, mais pour « m’en sortir » il me fallait m’émanciper de cette ombre bienveillante mais trop géante, pas me perdre comme d’autres dans son style (blueberien pas Moebusien) … La dernière fois que nous nous sommes vus, dans la rue à Angoulême. Il me dit  » Tu te souviens de NOTRE truc ? il y a plus de trente ans non ? »   » Bien sûr que je me souviens, comment aurai-je pu l’oublier puisque tout a démarré avec ça, mais ce qui m’épate c’est que toi, tu t’en souviennes !!! »

Pour finir, voici la version redessinée et mise en couleur de DUEL A CHARITY, paru dans l’album « Ouest Terne » aux éditions Glénat :

Remerciements à Sébastien Pernet, pour cet article paru dans le blog d’origine.

La dédicace BD !

En ces temps de Festival d’Angoulême, ce comice mercantile qui tient plus d’une foire aux bestiaux que d’une manifestation culturelle, mais qui est le seul moment de l’année où les médias évoquent un tant soit peu le « 9ème Art »…Je voudrais revenir sur l’évolution de la dédicace de BD…

La dédicace n’est pas un dû…C’est un cadeau que fait l’auteur/dessinateur au client qui vient lui acheter son oeuvre…A l’origine, les auteurs signaient comme les littéraires pictodéficients…Puis quelqu’un (on dit que c’est FRANQUIN ?) au début des années 1970, a eu la bonne ou la mauvaise idée d’y rajouter un petit croquis d’un de ses personnages…Pendant quelques années, se furent de simples silhouettes ou profils d’un léger ou fort trait de feutre..la dédicace ne prenait guère qu’une minute, à moins que l’auteur ait eu envie d’un peu discuter avec son lecteur…

Certains de ces « lecteurs », un peu plus exigeants ont demandé des personnages en pied, à cheval, avec des accessoires ou un peu de décor…Certains ont commencé à dévoyer la chose en demandant des dessins sur feuilles libres, ou « livres d’or » avec thèmes…Prétextant qu’ils avaient les albums à la maison, ou un oubli ou je ne sais quelle excuse pour ne rien acheter et obtenir un dessin gratuit..

Au bout de quelques temps, nous (les auteurs) avons vu fleurir, ces « livres d’or » en salles des ventes, aux enchères..Les feuilles être vendues comme « originaux dédicacés »…Tout ça sur notre dos, sur un travail GRATUIT…Je dis bien gratuit car ne croyez pas que nous sommes rémunérés pour aller sur des festivals et encore moins dans des séances en librairie…Vous allez me dire  » vous touchez des droits d’auteur par albums vendus »..Et non !!! la plus grande partie des auteurs sont payés en avances de droits..Ils ne remboursent jamais ces avances (les éditeurs savent très bien maquiller les chiffres pour faire que ces avances ne soient pas remboursables), sauf énorme succès..Et il faut savoir que dès qu’il y a une commande importante de libraire, ou de festival sur des titres d’un auteur, commande inhabituelle, ces ouvrages sont placés en comptabilité chez l’éditeur en « exemplaires en démonstration » exemplaires qui ne génèrent pas de droits d’auteur..Et ne parlons pas des gros festivals où les auteurs sont sur des stands d’éditeur, il est évident qu’aucun décompte n’est fait pour les auteurs, tout va dans la caisse de l’éditeur…

Donc nous travaillions gratuitement pour faire plaisir au public..soit..Ni internet, ni Delcourt n’étaient encore arrivés…Dans les années 80, on a commencé à voir des auteurs, sans doute ayant besoin de se rassurer, n’étant pas très confiants en les qualités de leurs œuvres, qui pour dédicacer ont besoin de faire un spectacle, un show pour attirer, le public..Certains haranguent le passant comme des camelots..ont des tactiques de foire bien affûtées..Chacun fait ce que bon lui semble..Puis des auteurs assez confidentiels de l’écurie Delcourt ont commencé, à mettre de la couleur sur leurs dédicaces, à faire des tableaux à l’aquarelle..Certaines, je n’ose plus dire dédicaces, œuvres prenant presque une heure chacune…Ce qui fait que les gens attendent devant et l’auteur et le public ont l’impression de foule agglutinée sur certains stands.. Les  » fans » devenant de plus en plus exigeants, cette pratique s’est presque généralisée..Le petit cadeau est devenue un dessin original dont la valeur est dix fois ou même plus que celle de l’album acheté, et ne parlons pas de l’album trouvé à la brocante, chez le soldeur, ou revus de bibliothèque que les gougnafiers osent venir présenter à l’auteur pour qu’il le valorise…

La perversion du système étant là ,est arrivé internet et les sites de vente aux enchères.. Les trafiquants de « merdes de poules » maintenant pullulent sur les festivals..Ils n’ont rien à faire de l’oeuvre que vous leur proposez, leur calcul est d’investir le moins possible, venir profiter de votre travail gratuit et de faire donner le meilleur rendement à ce qu’ils viennent d’obtenir…Après chaque manifestation, malgré les philtres que je peux mettre, vous pouvez être sûrs que la semaine suivante deux ou trois de mes albums dédicacés, avec prénoms et souvent dates se retrouvent sur Ebay…Les mêmes qui ne songent qu’à faire trois sous sur votre travail, s’ils n’ont pas obtenu ce qu’ils veulent, se répandent sur les dits »réseaux sociaux » vous insultant ou insultant la qualité de votre travail ou de vos dédicaces, demandant toujours plus, toujours plus beau pour revendre plus cher…

Nous cherchons presque tous désormais à pallier à cela, à privilégier le vrai lecteur, le vrai fan de notre travail…Nous allons arriver à ce qui existe dans presque tous les pays du monde, la dédicace payante…Gratuitement vous n’aurez qu’un sibylline signature comme le font les pictodéficients…Des auteurs de grande renommée ont déjà fait appliquer les achats obligatoires et tirages au sort sur un nombre restreint..Tel auteur célèbre vends 50 € sa dédicace d’un petit profil, 100 € pour un buste, 150 s’il y a un petit arbre en décor derrière et le public se précipite…

A mon modeste niveau, je demande que les « clients » fassent un petit effort, achat sur le stand ou chez le libraire d’un album, ou d’un ex-libris…A partir de là, je veux bien faire plaisir…Je propose aussi sur des Editions originales en bon état à très bon état, un dessin un peu plus poussé, qui reste quand même du domaine du croquis et pas de l’original..Il m’arrive de travailler avec des revendeurs, le marché étant défini, autant que j’y participe plutôt qu’on le fasse derrière mon dos..En dédicace, je n’aime pas que les gens attendent trop devant moi, je n’ai pas besoin de faire semblant, de faire traîner, pour faire croire que j’attire la foule..j’essaye de faire un dessin simple au stylo à bille (ça s’abîme un peu moins dans le temps que la dédicace au feutre) avec quelques couleurs au crayon aquarelle…Ce ne sont pas des œuvres d’art, ce sont des salutations et remerciements aux lecteurs qui veulent bien s’intéresser à ce que je propose…

Je vous annoncerai les festivals auxquels je suis invité..Mais , beaucoup le savent, ne m’amenez pas de vieux albums de chez vous, d’achats de bouquinistes ou pires de trouvailles dans les vide-greniers ou dans les poubelles, je ne les dédicacerai pas..Je me trompe souvent et refoule des gens qui croient me faire plaisir en m’amenant des vieilleries..Vous me ferez plaisir d’un achat sur mon stand et j’essayerai de vous faire plaisir à mon tour…

Ci dessous, un exemple de l’évolution des dédicaces.

La terre de la bombe

 

 

Dessin : Georges Ramaïoli
Scénario : René Durand
éditeur : Glénat
Les cinq albums peuvent se lire comme des aventures
indépendantes (avec une continuité dans la série).

Pour voir les dédicaces de La terre de la bombe  Cliquez ici

Pour voir des illustrations de La terre de la bombe Cliquez ici

Pour voir le tome 6 de La terre de la bombe Cliquez ici


 

Hommages à Zorro

Il y a quelques temps, Georges Ramaïoli a participé à un album hommage à Zorro, comprenant trois histoires inédites dessinées par Jean Pape, et de nombreuses illustrations signées d’une vingtaine de dessinateurs. Le projet, dont vous pouvez voir un aperçu de la couverture ci-dessous, a été financé avec succès sur le site Ulule. 

 

La participation de Georges Ramaïoli :

Article repris sur le blog historique de Sébastien Pernet

Le Khan

Dessinateur: André Houot

Scénariste : Simon Rocca

Coloriste : Jocelyne Charrance

Pour voir les dédicaces du Khan cliquez ici

Alors que le khan Yésugaï était en campagne contre les Tatars Noirs, des cavaliers Merkits ont attaqué son campement en brûlant, violant, en tuant et en prenant des otages. C’est le sort qui a été réservé à la femme de Yésugaï. Le khan, furieux, cherchera huit mois durant son épousée raptée. Lorsqu’il la retrouvera, elle sera sur le point de donner naissance à un fils. La filiation paraissait ne pas faire de doute au vu du temps qui s’était écoulé depuis l’enlèvement, mais un doute subsistera à jamais dans les esprits. Ce fils était-il bien le fils du khan ?

Temoudjin, c’est le nom qui fut donné à l’enfant, grandit. D’une personnalité très forte, il s’imposera très tôt comme un chef. Mais ses jeux et leurs enjeux feront vite de lui un enfant mettant la zizanie entre clans voisins et alliés. Un jour, à l’occasion de la visite d’un chef de clan, les Ongirat, Yésugaï se voit proposer que son fils Temoudjin parte afin de recevoir dans une autre tribu, comme cela se fait traditionnellement, l’enseignement qui le fera devenir un homme.

Temoudjin passera six longues années chez les Ongirat. Un jour, la nouvelle lui parviendra que son père Yésugaï est mort assassiné. Il rentrera donc dans son campement maternel, chez les Borijins, et revendiquera la place de khan. Mais les doutes sur ses liens de sang avec Yésugaï joueront en sa défaveur : les Taïchout, jusque-là alliés, prendront le pouvoir. Temoudjin vivra cela comme un affront et décidera de partir pour recréer plus loin sa propre tribu, afin de n’être le vassal de personne.

Cette scission déplaira aux Taïchout qui auront vite fait de couper court à son projet en le capturant pour faire de sa vie une pénitence pendant laquelle il devra apprendre l’obéissance à son chef…