La dédicace BD !

En ces temps de Festival d’Angoulême, ce comice mercantile qui tient plus d’une foire aux bestiaux que d’une manifestation culturelle, mais qui est le seul moment de l’année où les médias évoquent un tant soit peu le « 9ème Art »…Je voudrais revenir sur l’évolution de la dédicace de BD…

La dédicace n’est pas un dû…C’est un cadeau que fait l’auteur/dessinateur au client qui vient lui acheter son oeuvre…A l’origine, les auteurs signaient comme les littéraires pictodéficients…Puis quelqu’un (on dit que c’est FRANQUIN ?) au début des années 1970, a eu la bonne ou la mauvaise idée d’y rajouter un petit croquis d’un de ses personnages…Pendant quelques années, se furent de simples silhouettes ou profils d’un léger ou fort trait de feutre..la dédicace ne prenait guère qu’une minute, à moins que l’auteur ait eu envie d’un peu discuter avec son lecteur…

Certains de ces « lecteurs », un peu plus exigeants ont demandé des personnages en pied, à cheval, avec des accessoires ou un peu de décor…Certains ont commencé à dévoyer la chose en demandant des dessins sur feuilles libres, ou « livres d’or » avec thèmes…Prétextant qu’ils avaient les albums à la maison, ou un oubli ou je ne sais quelle excuse pour ne rien acheter et obtenir un dessin gratuit..

Au bout de quelques temps, nous (les auteurs) avons vu fleurir, ces « livres d’or » en salles des ventes, aux enchères..Les feuilles être vendues comme « originaux dédicacés »…Tout ça sur notre dos, sur un travail GRATUIT…Je dis bien gratuit car ne croyez pas que nous sommes rémunérés pour aller sur des festivals et encore moins dans des séances en librairie…Vous allez me dire  » vous touchez des droits d’auteur par albums vendus »..Et non !!! la plus grande partie des auteurs sont payés en avances de droits..Ils ne remboursent jamais ces avances (les éditeurs savent très bien maquiller les chiffres pour faire que ces avances ne soient pas remboursables), sauf énorme succès..Et il faut savoir que dès qu’il y a une commande importante de libraire, ou de festival sur des titres d’un auteur, commande inhabituelle, ces ouvrages sont placés en comptabilité chez l’éditeur en « exemplaires en démonstration » exemplaires qui ne génèrent pas de droits d’auteur..Et ne parlons pas des gros festivals où les auteurs sont sur des stands d’éditeur, il est évident qu’aucun décompte n’est fait pour les auteurs, tout va dans la caisse de l’éditeur…

Donc nous travaillions gratuitement pour faire plaisir au public..soit..Ni internet, ni Delcourt n’étaient encore arrivés…Dans les années 80, on a commencé à voir des auteurs, sans doute ayant besoin de se rassurer, n’étant pas très confiants en les qualités de leurs œuvres, qui pour dédicacer ont besoin de faire un spectacle, un show pour attirer, le public..Certains haranguent le passant comme des camelots..ont des tactiques de foire bien affûtées..Chacun fait ce que bon lui semble..Puis des auteurs assez confidentiels de l’écurie Delcourt ont commencé, à mettre de la couleur sur leurs dédicaces, à faire des tableaux à l’aquarelle..Certaines, je n’ose plus dire dédicaces, œuvres prenant presque une heure chacune…Ce qui fait que les gens attendent devant et l’auteur et le public ont l’impression de foule agglutinée sur certains stands.. Les  » fans » devenant de plus en plus exigeants, cette pratique s’est presque généralisée..Le petit cadeau est devenue un dessin original dont la valeur est dix fois ou même plus que celle de l’album acheté, et ne parlons pas de l’album trouvé à la brocante, chez le soldeur, ou revus de bibliothèque que les gougnafiers osent venir présenter à l’auteur pour qu’il le valorise…

La perversion du système étant là ,est arrivé internet et les sites de vente aux enchères.. Les trafiquants de « merdes de poules » maintenant pullulent sur les festivals..Ils n’ont rien à faire de l’oeuvre que vous leur proposez, leur calcul est d’investir le moins possible, venir profiter de votre travail gratuit et de faire donner le meilleur rendement à ce qu’ils viennent d’obtenir…Après chaque manifestation, malgré les philtres que je peux mettre, vous pouvez être sûrs que la semaine suivante deux ou trois de mes albums dédicacés, avec prénoms et souvent dates se retrouvent sur Ebay…Les mêmes qui ne songent qu’à faire trois sous sur votre travail, s’ils n’ont pas obtenu ce qu’ils veulent, se répandent sur les dits »réseaux sociaux » vous insultant ou insultant la qualité de votre travail ou de vos dédicaces, demandant toujours plus, toujours plus beau pour revendre plus cher…

Nous cherchons presque tous désormais à pallier à cela, à privilégier le vrai lecteur, le vrai fan de notre travail…Nous allons arriver à ce qui existe dans presque tous les pays du monde, la dédicace payante…Gratuitement vous n’aurez qu’un sibylline signature comme le font les pictodéficients…Des auteurs de grande renommée ont déjà fait appliquer les achats obligatoires et tirages au sort sur un nombre restreint..Tel auteur célèbre vends 50 € sa dédicace d’un petit profil, 100 € pour un buste, 150 s’il y a un petit arbre en décor derrière et le public se précipite…

A mon modeste niveau, je demande que les « clients » fassent un petit effort, achat sur le stand ou chez le libraire d’un album, ou d’un ex-libris…A partir de là, je veux bien faire plaisir…Je propose aussi sur des Editions originales en bon état à très bon état, un dessin un peu plus poussé, qui reste quand même du domaine du croquis et pas de l’original..Il m’arrive de travailler avec des revendeurs, le marché étant défini, autant que j’y participe plutôt qu’on le fasse derrière mon dos..En dédicace, je n’aime pas que les gens attendent trop devant moi, je n’ai pas besoin de faire semblant, de faire traîner, pour faire croire que j’attire la foule..j’essaye de faire un dessin simple au stylo à bille (ça s’abîme un peu moins dans le temps que la dédicace au feutre) avec quelques couleurs au crayon aquarelle…Ce ne sont pas des œuvres d’art, ce sont des salutations et remerciements aux lecteurs qui veulent bien s’intéresser à ce que je propose…

Je vous annoncerai les festivals auxquels je suis invité..Mais , beaucoup le savent, ne m’amenez pas de vieux albums de chez vous, d’achats de bouquinistes ou pires de trouvailles dans les vide-greniers ou dans les poubelles, je ne les dédicacerai pas..Je me trompe souvent et refoule des gens qui croient me faire plaisir en m’amenant des vieilleries..Vous me ferez plaisir d’un achat sur mon stand et j’essayerai de vous faire plaisir à mon tour…

Ci dessous, un exemple de l’évolution des dédicaces.

La terre de la bombe

 

 

Dessin : Georges Ramaïoli
Scénario : René Durand
éditeur : Glénat
Les cinq albums peuvent se lire comme des aventures
indépendantes (avec une continuité dans la série).

Pour voir les dédicaces de La terre de la bombe  Cliquez ici

Pour voir des illustrations de La terre de la bombe Cliquez ici

Pour voir le tome 6 de La terre de la bombe Cliquez ici


 

Hommages à Zorro

Il y a quelques temps, Georges Ramaïoli a participé à un album hommage à Zorro, comprenant trois histoires inédites dessinées par Jean Pape, et de nombreuses illustrations signées d’une vingtaine de dessinateurs. Le projet, dont vous pouvez voir un aperçu de la couverture ci-dessous, a été financé avec succès sur le site Ulule. 

 

La participation de Georges Ramaïoli :

Article repris sur le blog historique de Sébastien Pernet

Le Khan

Dessinateur: André Houot

Scénariste : Simon Rocca

Coloriste : Jocelyne Charrance

Pour voir les dédicaces du Khan cliquez ici

Alors que le khan Yésugaï était en campagne contre les Tatars Noirs, des cavaliers Merkits ont attaqué son campement en brûlant, violant, en tuant et en prenant des otages. C’est le sort qui a été réservé à la femme de Yésugaï. Le khan, furieux, cherchera huit mois durant son épousée raptée. Lorsqu’il la retrouvera, elle sera sur le point de donner naissance à un fils. La filiation paraissait ne pas faire de doute au vu du temps qui s’était écoulé depuis l’enlèvement, mais un doute subsistera à jamais dans les esprits. Ce fils était-il bien le fils du khan ?

Temoudjin, c’est le nom qui fut donné à l’enfant, grandit. D’une personnalité très forte, il s’imposera très tôt comme un chef. Mais ses jeux et leurs enjeux feront vite de lui un enfant mettant la zizanie entre clans voisins et alliés. Un jour, à l’occasion de la visite d’un chef de clan, les Ongirat, Yésugaï se voit proposer que son fils Temoudjin parte afin de recevoir dans une autre tribu, comme cela se fait traditionnellement, l’enseignement qui le fera devenir un homme.

Temoudjin passera six longues années chez les Ongirat. Un jour, la nouvelle lui parviendra que son père Yésugaï est mort assassiné. Il rentrera donc dans son campement maternel, chez les Borijins, et revendiquera la place de khan. Mais les doutes sur ses liens de sang avec Yésugaï joueront en sa défaveur : les Taïchout, jusque-là alliés, prendront le pouvoir. Temoudjin vivra cela comme un affront et décidera de partir pour recréer plus loin sa propre tribu, afin de n’être le vassal de personne.

Cette scission déplaira aux Taïchout qui auront vite fait de couper court à son projet en le capturant pour faire de sa vie une pénitence pendant laquelle il devra apprendre l’obéissance à son chef…

Interview Italienne

Interview Italienne de Décembre 2017

A l’occasion de la sortie de « BAS de CUIR »N°3  » LE LAC ONTARIO

 

Quand et pourquoi avez-vous décidé d’écrire et de dessiner les cinq Histoires de Bas-de-Cuir écrites par Fenimore Cooper dans la première moitié du XIXe siècle.

J’ai appris à lire dans les bandes dessinées, tout petit, demandant à ma Mère et à ma Grand-Mère (Italienne) ce qu’il y avait dans les ballons qui sortaient de la bouche des personnages… à 8 ans ou 9 … à la fin de l’Année scolaire, j’ai eu le prix du meilleur élève de la classe et la récompense était une belle édition du « DERNIER des MOHICANS » de J.F.COOPER…C’est le premier roman hors BD dont je me souvienne…avec de très belles illustrations..

Plus tard vers 16 ans j’ai lu les 5 romans de « BAS de CUIR » dans leur version intégrale…les romans publiés alors pour la jeunesse ne dépassaient pas 150 pages…On pouvait trouver Les 3 premiers + LA PRAIRIE , jamais le 4 LES PIONNIERS…Les romans complets font à peu près 500 pages, beaucoup plus complexes et adultes que les résumés pour la jeunesse…Au fil des années, j’ai gardé une tendresse particulière pour NATTY et CHINGACHGOOK…Vu énormément d’adaptations en BD et au cinéma. Certaines très belles, d’autres ratées…
Mais ce que j’ai toujours remarqué c’était que systématiquement les romans de COOPER étaient trahis, déformés, les fins changées…. les ambiances et costumes peu respectés…
Même dans le très beau film de Michael MANN, il avoue n’avoir jamais lu le roman et s’être appuyé sur le scénario de Philip DUNNE (je crois) du vieux film avec Randolph SCOTT…
J’ai donc toujours caressé l’envie d’adapter le plus fidèlement possible ces 5 romans, chose qui ne s’était encore jamais faite dans son intégralité…
La possibilité m’est venue chez SOLEIL…Le résultat ?…J’ai fait au mieux. L’éditeur a trifouillé, coupé les romans en deux…supprimé des illustrations…pas vraiment ce que j’avais envisagé. Mais les 5 romans ont été adaptés, et les albums originaux sont devenus très recherchés et très cotés en France…

En particulier, quelle a été la plus grande difficulté que vous avez relevée lorsque vous avez représenté les caractères dans les images de Cooper, les tribus indiennes, les lieux de forêts denses, les Grands Lacs et les guerres entre les Français et les Anglais? Avez-vous fait un travail soigné de documentation?

 J’ai toujours eu la passion de l’Histoire, du costume, des tribus indiennes. J’ai accumulé au fil des années des masses de documents…Ajouté à ça une iconographie popularisée par Bandes Dessinées de qualité et cinéma hollywoodien…Reconstituer l’environnement, les décors et costumes de la deuxième moitié du XVIII° siècle et le tout début du XIX°, n’était pas une tâche trop ardue (bien que la plupart des productions cinéma n’ont jamais été tournées en Nouvelle Angleterre mais en Orégon, King Vidor, Utah, John Ford, Californie ou pire Allemagne ou Espagne !!!)
Le plus difficile a sans doute été « LES PIONNIERS » de reconstituer la vie quotidienne et les intérieurs de la colonie qui s’embourgeoise…
La grosse difficulté a été de tailler dans ces romans foisonnants, de rendre très lisible une littérature qui s’apparente plus au romantisme exotique de CHATEAUBRIAND (ATALA, les NATCHEZ) qu’au roman d’aventures simples…de les rythmer pour une lecture BD tout en restant le plus fidèle possible sans surtout les trahir…

Je crois que le talent, sans un exercice constant, ne conduit pas à de grands résultats. Il est également vrai qu’un exercice constant, seul, peut ne pas suffire à émerger, en particulier dans le monde des bandes dessinées.

Quels sont à votre avis les secrets pour devenir un dessinateur de bande dessinée de succès?

Je ne saurais dire, et même avec l’expérience de plus de 40 ans d’exercice de ce métier je n’aurais guère de réponse ni de recette…Il est sûr que l’on a (j’ai, ne connaissant bien que mon expérience personnelle) une idée dans la tête et il faut l’exprimer par la main en l’occurrence…Au début l’écart en la pensée rêvée et l’aboutissement écrit ou dessiné est énorme.. au fil du travail, de l’habitude, de l’habilité cet écart diminue, se restreint…mais on n’arrive jamais, du moins dans mon cas, à concrétiser son rêve…que la main restitue exactement la pensée.. Plutôt que d’essayer et de perdre mon énergie à courir les médias, intriguer, pour qu’on parle de moi et de mes albums…j’ai préféré passer mon temps à faire ce qui me faisait le plus plaisir…Raconter des histoires , tant pis si elles ne suivaient pas les modes, le mieux que je pouvais, en en étant le premier lecteur, en les concevant comme ce que j’aurais aimé lire quand j’étais gamin ou simple lecteur…Tant mieux si ce plaisir, d’abord égoïste, a été partagé par beaucoup…Tant pis, hélas quand ce n’a pas plu…De mon côté, j’ai toujours essayé d’être honnête.. Les scénarii les plus ambitieux ont peut-être été les plus difficiles et ont moins plu que des séries où l’on a pu croire que je cédais au « facile »…

Le plus gros échec a été avec une série inspirée du roman de Kenneth ROBERTS    » LE GRAND PASSAGE » et du film de KING VIDOR…le jeune dessinateur choisi par SOLEIL était un faussaire, uniquement capable de copier des photos de films ou d’autres dessins, il ne s’intéressait ni au sujet, ni à l’époque…Mon scénario est devenu un salmigondis de cow-boys, d’indiens des plaines, de séminoles et de copies de mauvais dessins du « GRAND BLEK » !!!…Quand on n’y croit pas, on ne trompe pas longtemps le public…C’est peut-être la seule « recette » que je pourrais donner, ça n’assure pas le succès, mais passionnez-vous pour votre sujet, donnez votre meilleur et ce sera peut-être communicatif…

– Les lecteurs passionnés de la bande dessinée d’aventure, sont, principalement, d’âge moyen ou des personnes âgées qui de jeunes lisent les romans des grands auteurs du ce genre littéraire. Sont peu, par contre, les filles et les garçons qui s’intéressent à ce monde, parce que, la plupart du jeune public est attirée par Manga et Marvel Super-héros.

Comment expliquez-vous ce phénomène? Que pensez-vous qui peut être fait pour amener les jeunes à la bande dessinée d’aventure?

C’est générationnel…A chaque âge correspond le divertissement qui les a enchantés dans leur enfance ce qui leur a été proposé en masse… Avant c’était la littérature retranscrite par le cinéma…La bande dessinée Dans ma jeunesse, les années 1950, le genre prépondérant était le western: Cinéma, feuilletons, bandes dessinées, puis télévision…On ne voyait que du western… Ensuite il y a l’aventure d’espionnage à la James Bond, puis le polar. Dans les années 70, la Science-Fiction a explosé dans la littérature populaire et les Super héros dans la BD…Puis le Manga dans les années 90… Les genres les plus faciles, où il n’y a aucune recherche à faire, aucune documentation on séduit les publics les plus paresseux…Les rêveurs en univers débiles tout cela multiplié par les moyens modernes…Jeux PC, tablettes, animation virtuelle..

Pour s’intéresser de nos jours à la guerre de Sept ans (Franco-indienne) ou la guerre d’indépendance des Etats -Unis il faut la chercher dans « Assassins Creed »…

Chez vous en Italie, le western est resté vivace grâce à un énorme succès comme TEX…Chez nous il y a eu BLUEBERRY, mais depuis la mort de Jean GIRAUD…Tous ceux qui s’y essayent vont vers l’échec… ça ne m’a jamais empêché de persévérer et toujours revenir à ce genre de prédilection…

A côté de l’aventure que je raconte, j’essaye toujours que le lecteur une fois qu’il aura lu, en plus du plaisir qu’il a pris (s’il en a pris) ait appris quelque chose en lisant…Et tôt ou tard, il en restera quelque chose…

Les genres passent et reviennent…il ne faut jamais désespérer de rien…Par exemple le PÉPLUM il a eu plusieurs périodes de gloire et grandes éclipses…Dans les années 50/60, les énormes productions américaines à Cinnecitta, ont été suivies d’une multitude de productions Italiennes puis ça a disparu au profit de très mauvais westerns (exceptés LEONE, DAMIANI et quelques CORBUCCI…Même pas 10 en tout)..Tout le monde a dit  » Le Péplum est mort à jamais »!!!

Puis il y a eu « GLADIATOR » inspiré à RIDLEY SCOTT par un simple tableau le J.L.GERÔME.. Depuis le péplum revit et chez nous des BD comme MURENA, LES AIGLES de ROME, VAE VICTIS ont eu un énorme succès… En persévérant et offrant de la qualité…D’autres genres reviendront aussi, il suffit d’un succès et d’un engouement…

 

Hommages à Uderzo

N°3 ALBERT UDERZO…

Il y a peu, à l’occasion des 90 ans d’ALBERT UDERZO..Une plaquette hommage d’une grande partie de la profession a été éditée et offerte à ce formidable professionnel, dont la superbe carrière aurait un tout petit peu gagnée à s’arrêter à l’ avant dernier album qu’il a signé…

Alors qu’aucun ex-libris n’a été donné aux auteurs, tous partants pour cet hommage bénévole, les chacals, eux, ont réussi à s’emparer de la totalité et les proposent déjà sur Ebay entre 10 et 30 Euros..Y a pas de petits profits, prêts aussi à vendre les miettes et les rognures d’ongles ?

Hommages à Cuvelier

N°2 PAUL CUVELIER

Encore un des tout débuts, presque en même temps que JIJE…La perfection du dessin classique de CUVELIER m’aurait fait penser à de la photo, s’il n’y avait eu en plus cette vie, ce mouvement…CORENTIN CHEZ LES PEAUX-ROUGES m’a aussi tant fait rêver….Plus tard, j’ai appris que le scénario était de mon vieil ami ALBERT……Il y a quelques mois, à l’occasion d’une expo/hommage à CUVELIER on m’a demandé aussi une modeste contribution….Comme les malheureux qui se sont frottés assez lamentablement aux couvertures de JIJE…J’ai commis ce petit dessin..Un peu comme un gosse qui essaye de reproduire tant mal que bien les oeuvres de son idole..

Hommages à Jijé

N°1 JIJE

Quantité de dessinateurs de BD m’ont fait rêver et baver, et envier leur talent…Au départ de ma « vocation », il y eu quelques phares..Quelques maîtres absolus..Le Belge Joseph GILLAIN dit JIJE,  en a été un des tout premiers, avec l’Italien Rinaldo D’AMICO dit ROY D’AMY et l’Américain WARREN TUFTS…

Le premier album que j’ai lu et gardé assez longtemps pour l’éplucher en tous sens a été BADEN POWELL de JIJE..Un petit voisin, un peu plus âgé que moi , RIRI, dont le père avait un commerce de cycles dans la cour de l’immeuble où habitaient mes parents, l’avait eu en cadeau pour NOËL (sans doute 1950) et me l’avait longuement prêté…J’en connaissais des pages que j’avais déjà vues en dernières des magazines SPIROU que l’on achetait à mon cousin.. qu’il m’était autorisé à compulser, mais interdit absolument à emporter chez moi…Sans doute avec l’aide de Mère et Grand-Mère, j’ai lu entièrement cette biographie que Jijé avait consacrée à BP..Puis j’ai du le lire et le relire tout seul….

Cet album BADEN POWELL a certainement été le déclic de mon intérêt pour les Zoulous et à la base de ma série (la plus connue ?) ZOULOULAND…

Il y a quelques années François DENEYER a monté à Bruxelles un premier Musée à la gloire de JIJE..Il demandé à plusieurs dessinateurs plus ou moins dans la lignée du maître de réaliser de fausses couvertures de ses albums en hommage…Pari presque impossible..Comment rendre hommage à plus fort que soi sans être ridicule en comparaison…

J’ai quand même tenté la chose et demandé à Mr DENEYER de faire un « BADEN-POWELL..Hélas me dit-il..L’album est déjà pris par quelqu’un d’autre…Autre tentative..Autre phare..BLUEBERRY…J’ai pris la parti de faire un contrechamp de l’album original…DENEYER apprécie, mais me dit »BLUEBERRY » c’est GIRAUD, pas JIJE…Objection mon capitaine..La couverture du T.1 FORT NAVAJO est de JIJE…Et le Brave JOSEPH a supplée l’absence de JEAN parti au Mexique sur 2 albums…
TONNERRE à L’OUEST et le CAVALIER PERDU pour une bonne trentaine de planches au moins..  Du coup DENEYER me prend mon BLUB..Et dans la foulée me dit « Oh! c’est tellement votre sujet, faîtes-moi un BADEN POWELL aussi…

Le Musée JIJE a connu quelque infortune et François DENEYER a remonté une structure..Une édition, un site…www.jije.org. Vient de paraître un magnifique album 28 cm x38 cm de 180 pages ..Toilé Noir et Blanc avec l’album complet..la reproduction des originaux retrouvés..une partie biographique et documentaire et en petit bonus deux beaux ex-libris..l’hommage d’Emmanuel LEPAGE et ma modeste contribution.. Le tirage est très limité.. Si vous avez les moyens, ne manquez pas l’objet…

DCF 1.0
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